Tout a commencé dans ma Catamarca natale, en Argentine, dans la petite boutique de mes parents, appelée «Almacén del Asador». C’était un lieu magique, rempli de l’odeur du bois et de la céramique, un espace où l’on venait acheter des objets artisanaux, mais aussi où se créaient des liens, où se racontaient des histoires. Mon adolescence a été bercée par cette magie de l’artisanat, qui prenait vie dans nos réunions familiales autour de l’asado.
Je me souviens de ces voyages avec mes parents et mes frères et sœurs, en quête d’histoires et de pièces artisanales. Chaque rencontre était une aventure, chaque objet une surprise, porteur d’une histoire vivante, transmise de génération en génération, façonnée avec les matériaux que la Pachamama, notre mère terre, nous offrait avec tant de générosité. Ces expériences étaient toujours accompagnées par la beauté pure et époustouflante de notre paysage, une source d’inspiration et de paix.
Le refuge de notre famille, c’était « El Chorro », à Ancasti. Notre maison de fin de semaine, perchée dans la montagne, était remplie d’artisanats des peuples précolombiens, que nous utilisions dans notre quotidien, naturellement, comme si ces objets faisaient partie de nous. Chez nous, la céramique fait partie de notre identité. Chaque pièce avait son propre charme ; les couleurs, les motifs, tout suscitait en moi une fascination sans fin.
Avec les crises, la boutique familiale a fini par fermer ses portes. Mais la graine de l’artisanat était déjà bien enracinee, aussi bien dans ma famille qu’en moi. Aujourd’hui, ma mère et ma petite sœur perpétuent cet héritage avec « Flor del Aire Catamarca », et moi, avec « Orígenes Art et Artisanat », je continue à donner vie à ce que nous avons commencé.
Pour moi, c’est une façon de partager avec le monde la beauté et la richesse culturelle de Catamarca, de ramener un peu du talent et de la passion des artisans argentins ici, en France. C’est un moyen de construire un pont entre mon foyer adoptif et ma terre natale tant aimée.